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 L'Imaginarium du docteur Parnassus

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Makiyuko
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MessageSujet: L'Imaginarium du docteur Parnassus   Sam 4 Juin 2011 - 17:29




Fiche Technique
Réalisateur :
Terry Gilliam


Avec : Heath Ledger, Christopher Plummer, Tom Waits, Lily Cole & Andrew Garfield


Et remplaçant Heath Ledger : Johnny Depp, Jude Law & Colin Farell


Aventure Fantastique, France/Angleterre/Canada [2007], 02h02
Sortie en salle : 25 Août 2009


    Sypnosis
    Avec sa troupe de théâtre ambulant, " l'Imaginarium ", le Docteur Parnassus offre au public l'opportunité unique d'entrer dans leur univers d'imaginations et de merveilles en passant à travers un miroir magique. Mais le Dr Parnassus cache un terrible secret. Mille ans plus tôt, ne résistant pas à son penchant pour le jeu, il parie avec le diable, Mr Nick, et gagne l'immortalité. Plus tard, rencontrant enfin l'amour, le Docteur Parnassus traite de nouveau avec le diable et échange son immortalité contre la jeunesse à une condition: le jour où sa fille aura seize ans, elle deviendra la propriété de Mr Nick.
    Maintenant, il est l'heure de payer le prix...



Trailer



J'adore cette bande-annonce... °°



_______________________________________________

I. LAISSEZ PLACE A L’IMAGINAIRE.
II. DARK SIDE: JOIN THE FORCE !
III. MESSIEURS DAMES
IV. C’EST UN PEU LEDGER TOUT CA…
_______________________________________________


Terry Gilliam, un nom qui fait rire certains; rêver d’autres. Un réalisateur hors de ce que j’appellerais le ‘commun’, qui s’est très rapidement créé une image de visionnaire, de créateur, de déluré, notamment depuis la sortie de son étrange mais non moins décapant Las Vegas Parano et celle du déroutant Brazil. Pour ce projet d’un nouveau genre qu’est L’imaginarium du Docteur Parnassus, Gilliam décide de laisser tomber les adaptations et de se lancer pour la première fois dans l’écriture d’un scénario original, quelque chose qui serait entièrement fruit de son imagination. Fameuse, par ailleurs…



I. LAISSEZ PLACE A L’IMAGINAIRE

‘Quelle folie cet homme !’, c’est à peu près cela, Gilliam. Et ce dernier long ne déroge pas à la règle. Lorsque vous tentez de résumer le film à un ami ou à vos parents, ils vous fixent avec des yeux ronds, un sourire béat aux lèves. Explication qui se conclue généralement par un magistral : ‘je n’ai rien comprit, mais ça a l’air super!’ amical, ou un : ‘Encore une de tes histoires! C’est pour quand les pieds sur Terre ?’ venant, vous l’aurez comprit, de la bouche parentale. Mais, il y a de quoi… Gilliam a décidé de se laisser aller, il le fait, peu importe ce qu’en penserons les spectateurs, qu’ils comprennent ou non, c’est son bébé, pas le leur !

  • Dans la tête de Gilliam

    Avant de se prendre en pleine tête l’Imaginarium de Monseigneur Gilliam et ses folies, revenons un peu en arrière. Pour prouver l’état mental tourmenté de notre patient du jour, j’ai sélectionné trois longs-métrages de sa filmographie : Sacré Graal (réalisé en collaboration avec Terry Jones), Las Vegas Parano et, plus récemment, Les Frères Grimm.

    Sacré Graal [1975] & Las Vegas Parano [1998]
    Terry Gilliam est donc l’un des membres de la déjantée troupe des Monty Python, mondialement connue et reconnue, avec qui il fit ses premiers pas. The Holy Grail [réalisateur, scénariste, acteur], Life of Brian [scénariste et acteur], The Meaning of Life [acteur]… Vous comprenez déjà mieux d’où lui provient cette folie qui le caractérise! Une quinzaine d’années plus tard, l’homme se lance dans une fresque dérangée emplit de drogues [Las Vegas Parano] avec un Depp et un Del Toro transformés. Le film est un véritable échec commercial et fait un nombre d’entrées minable, mais il est tiré vers le sommet par la critique et devient ce que l’on appelle aujourd’hui: un film culte. Gilliam ne peut plus revenir en arrière, sa réputation est faite: ce monsieur est un génie fou furieux à l’imagination illimitée. En 2005, il réalise le très attendu The Brothers Grimm, avec en tête d’affiche un Matt Damon aux boucles d’ange et un petit acteur brun et excellent, alors assez peu connu: Heath Ledger.

    Les Frères Grimm [2005]
    Le film est un divertissement familial et a du mal à tenir ses promesses, mais plait au public et fait de bons résultats.
    Quatre ans plus tard, à la sortie de L’Imaginairum du Docteur Parnassus, les fans retrouvent le sourire. Le Gilliam que l’on connaissait est encore là, il s’était juste trompé de chemin.


  • L’imaginarium, Monde visuel

    L’imaginarium de cet étrange Docteur T. est presque entièrement créé à l’aide de techniques modernes du cinéma d’animation, c’est-à-dire en majeure partie fait d’images de synthèse [réalisées d’ailleurs dans un studio Canadien pour les intéressés]. Seule la toute première scène se déroulant dans l’Imaginarium est illustrée à l’aide d’un décor 2D: Gilliam y tenait tout particulièrement, et le justifie en faisant appel à l’enfant qui vie et survit en chacun de nous. On découvre donc tout au long du film de nombreux univers et mondes tant colorés que psychédéliques: grâce à cela se modélise le côté fantastique du long-métrage, qui lui donne de l’épaisseur.

    Illustration de la qualité graphique remarquable obtenue par Gilliam
    Définir ce qu’est l’Imaginarium, voilà une chose que l’on pourrait présenter presque impossible. C’est pourquoi, plutôt que de partir dans des explications interminables qui ne mèneront de toute façon à rien, je préfère laisser la parole au réalisateur lui-même. Cette réponse est tirée de l’interview de Terry Gilliam par Cinemotion :

‘L’Imaginarium est un univers situé de l’autre côté du miroir. Il révèle votre imagination, la laisse grandir, s’épanouir et vous emporter. Évidemment, il y a un prix à payer...
L’Imaginarium vous permet de survoler le plus merveilleux des mondes comme le plus affreux. Dans tous les cas, à un moment donné, vous devrez faire un choix, quelque part à la frontière entre les deux. Vous atteindrez alors des paradis toujours plus beaux, ou bien vous chuterez vers les abîmes de l’enfer.’


L'imaginarium en images... et tout en beauté.



* * * *

II. DARK SIDE : JOIN THE FORCE !

Merci Terry! Grâce à cette dernière phrase d’interview il m’a fait une transition parfaite entre mes deux parties, il faut que je pense à me faire faire un Gilliam de poche pour le BAC de français moi…

  • Vous avez dit ‘Américain’ ?

    L’Imaginarium est donc une projection des rêves de chacun, dans lesquels il faut faire, à un moment donné, un choix. Ce choix se modélise par la section de cet univers onirique en deux parties: le Bien et le Mal. A vous de choisir: le Bien se présente toujours sous forme d’épreuve, une montagne à gravir, un long fleuve à parcourir, etc., alors que le Mal, l’Enfer, se montre vicieusement à vous et promet tous les plaisirs. Le choix n’est donc pas aisé, et on retrouve au travers de cette configuration une idée très américaine de la religion et de l’Homme: il y a les gentils et les méchants, les tout blanc et les tout noir. Alors, comment ne pas tomber dans la caricature? Difficile, et c’est l’un des reproches que je ferais à ce film. Même si Gilliam réussit à introduire cette notion de façon à peu près cohérente grâce au côté fantastique de son film, il n’y a pas assez de nuances.
    Un journaliste d’AlloCiné s’est amusé à poser la question fatidique au réalisateur… Et sa réponse présente parfaitement l’homme comme il est: intelligent et plein d’humour tant que de réflexion.

    Journaliste:
    ‘Si vous passiez derrière le miroir, vous choisiriez le bien ou le mal ?’

    Terry Gilliam:
    ‘J'ai vu ce qui arrive à ceux qui choisissent le mal... Mais parlons du choix. On vit dans un monde où on a l'impression du choix. Par exemple, Starbucks est le démon... moi je veux un café, c'est tout. Comme point de départ ici, on avait le fait de détester le "trop de choix", et le choix entre le bien et le mal. Mais dans la vie on peut toujours faire les mauvais choix, c'est différent du film où c'est le diable qui vous attrape.’


  • The Devil

    Messire Tom Waits, s’il vous plait. Acteur, musicien, chanteur… Cet homme là est un véritable orchestre à lui tout seul, reconnu mondialement. Plus de 15 albums à son actif, des bandes-originales en pagaille [dont une partie de celle de Fight Club et Shrek 2, par exemple], une petite trentaine de films dont d’ailleurs le Fisher King de Gilliam et ceux de Coppola [Françis, pas l’autre], notamment Dracula où il joue aux côtés de Oldman, Rider, Reeves, Hopkins, etc.

    Tom Waits et son charisme détonant
    Que dire? Waits campe ici le Malin, humoristiquement surnommé Mr. Nick, tout à fait délicieux dans sa redingote noire, le cigare au bec et un sourire sarcastique gravé au bout des lèvres. Même si son personnage est au final secondaire et apparait relativement peu, l’acteur au chapeau melon réussit à lui créer de l’épaisseur et c’est un vrai plaisir de le voir surgir dans le champ de la caméra. Mr. Nick, le diable donc, est le commencement de tout et contrôle tout, c’est une logique imparable. Extrêmement joueur, l’un de ses passe-temps favoris est de parier, ce qu’il fera par trois fois avec le Docteur Parnassus; pour le meilleur et, surtout, le pire! Il est donc la base de l’histoire développée par le film et introduit dès le début du long-métrage la notion de fantastique; le spectateur sait dès lors à quoi s’attendre.
    Utiliser le personnage du Diable fut critiqué lors de la sortie du film; certains cherchaient l’intérêt d’un tel choix, d’autres critiquaient carrément l’idée que le Malin puisse avoir une forme, etc. Même si l’image est un peu facile et caricaturale, je trouve pour ma part que Gilliam s’en sort parfaitement en proposant un Diable original, qui malgré sa surpuissance garde de l’humour et donne un vrai plus. C’est pas beau ça?



* * * *

III. MESSIEURS DAMES

Casting! Fortement applaudit par la critique, ce film est aussi et avant tout un mélange d’acteurs très différents qui réussissent à créer une ambiance délectable. D’excellents choix, des retours, des découvertes… Gilliam ne peut que se féliciter de tous ses acteurs.

  • Quand le vieux singe apprend à faire la grimace…

    Plongeons-nous un peu dans le casting si votre tête tient encore sur vos épaules… Et quel casting. Des têtes d’affiche à la pelle, de nouveaux visages à grand talent, une équipe, une vraie. C’est cet esprit de troupe qui m’a directement interpelé: contrairement au théâtre, le cinéma n’est pas connu pour sa fraternité. Or, ici, les acteurs se battent en groupe et font une masse compacte, un ensemble harmonieux où chacun trouve sa place.

    Christopher Plummer, accompagné de la justesse qui le caractérise
    D’un côté on retrouve les habitués de plateaux, les vielles branches qui n’ont plus besoin de prouver leur valeur mais qui sont là au rendez-vous, car ils aiment ça et ça se voit. Christopher Plummer, Sherlock Holmes à ses heures perdues ou encore suivant de Panthère rose, Tom Waits, présenté quelques lignes plus hauts, et Verne Troyer, mini-moi terrible d’Austin Power, connaissent le métier et se retrouvent avec plaisir. Ils vont prendre le temps de partager leur expérience avec les plus jeunes, qui en profiteront un maximum.

    Dans cette catégorie on retrouve évidemment et avant tout l’inimitable Heath Ledger, à qui est dédiée la quatrième et dernière partie de cette critique, la délicate et magnifique Lily Cole, ex-mannequin, ainsi qu’Andrew Garfield, acteur prometteur remarqué par Gilliam. Ces deux jeunes adultes étonnent et offrent au long-métrage une belle vague de fraicheur. Lily Cole, 23 ans à peine, fait ici ses premiers pas en tant qu’actrice en prouvant qu’un mannequin en a aussi dans la tête, ce qui verrouille fermement le clapet de la Critique!

    ’Moi qui viens d’un univers de mannequins dans la mode, cela me donnait enfin l’occasion d’exprimer autre chose ! Tout à coup, ce n’était plus ma coiffure ou mon maquillage qui comptait mais mon jeu. J’ai aimé ce challenge-là.’


    Lily Cole: photo prise en tant que mannequin || Heath LEdger et Lily Cole sur le plateau
    Et nous aussi, on aime ça.


  • Friends

    Suite à la disparition tragique d’Heath Ledger au milieu du tournage de L’Imaginarium du Docteur Panassus, tout est arrêté. Terry Gilliam baisse les bras mais Johnny Depp, ami proche de Ledger, sauve le tournage en acceptant la proposition de la femme de Gilliam: reprendre le rôle d’Heath pour les scènes non-tournées, c'est-à-dire celles se déroulant dans l’Imaginarium. Le réalisateur prend une décision étrange mais qui sera une réussite complète; il décide d’engager trois acteurs différents ayant comme point commun d’être des proches de Ledger: Johhny Depp, Jude Law et Colin Farell.

    Farell & Cole
    Chacun à son tour joue le personnage Tony lorsque ce dernier entre dans l’Imaginarium, ce qu’il fait par trois fois durant le film [je vous laisse faire le lien]. La présence de ces hommes redonne un vrai coup de fouet aux troupes et leurs prestations sont remarquables [bien que je trouve Farell un peu moyen, mais jugement personnel !].



* * * *

IV. C’EST UN PEU LEDGER TOUT CA…

Gilliam, Depp, la folie, l’imagination, Law et Farell, le graphisme, le scénario… Autant de choses qui sont venues chatouiller les oreilles de tout un chacun quant au dernier film de l’un des fameux Monty Python. Pourtant, ce n’est pas une originalité cinématographique ou un pari étonnant qui laissera muet le Monde face à ce long-métrage, mais la mort prématurée de son acteur principal, Heath Ledger.

  • Ledger, le Magicien

    Un homme de 28 ans, étoile montante du cinéma. Certains parlaient du futur Nicholson, d’autres du petit frère de Johnny Depp. Heathcliff Ledger, de son nom de naissance, nait en Australie dans une famille modeste. Etre acteur ne lui traverse pas même l’esprit avant de nombreuses années, car son truc à lui, c’est la dance. Fan de Gene Kelly, il passe énormément de temps à s’entrainer pour ressembler à son idole, et c’est cette envie d’aller jusqu’au bout et de donner le meilleur de lui-même que l’on retrouvera des années plus tard au travers de ses rôles.

    Ses rôles, justement. Vous connaissez sûrement Ledger en tant que Jacob dans Les Frères Grimm ou Ennis Del Mar pour Le Secret de Brokeback Mountain, et forcément pour son sublime Joker dans le dernier Batman de Christopher Nolan, The Dark Night. En quelques années seulement, l’acteur grimpe les échelons et atteint la gloire pour son Joker parfaitement maîtrisé, autant au niveau du public que de la critique, qui l’acclament. L’homme sort des modèles habituels et attire l’attention de toute part. Sa performance auprès de Nolan, laisse le monde du 7ème art muet: l’étoile sort de son berceau. Avant même la sortie du film, tous le monde se l’arrache. Ledger, ou la nouvelle coqueluche qu’il faut avoir dans son film. Et au milieu de toutes ses propositions, c’est pourtant le scénario de son ami Terry Gilliam que la nouvelle star va choisir, émerveillé par l’imagination débordante du réalisateur et près à relever le défi [je dis le défi car pour faire son film, Gilliam avait assez peu de moyens et les conditions de tournage furent difficiles jusqu’à l’arrivée de Depp et de tous les producteurs aux poches pleines lui courant après].

    Tony [L'Imaginarium du Docteur Parnassus] & Jacob [Les Frères Grimm]

    L’acteur se glisse alors dans la peau de Tony, un homme surprenant et ayant étrangement perdu la mémoire, que Valentina [Lily Cole] retrouve pendu sous le pont de Londres. Je ne veux pas dévoiler toute la psychologie de ce personnage et ce qui fait son intérêt par respect pour ceux qui n’auraient pas vu le film, mais il est assuré que le bonhomme n’est pas tout blanc. C’est un rôle difficile à aborder et pourtant Ledger semble s’en sortir comme s’il s’agissait d’une simple partie de carte. Semble. Comme il semblait jouer le Joker avec une facilité déconcertante, comme il semblait pouvoir tout faire de façon inné. Et pourtant, le 22 janvier 2008, à 15h35, Heath Ledger est retrouvé mort dans son appartement de New York, seul au milieu d’une dose non négligeable de médicaments. Un homme qui faisait semblant, un homme pour qui tout semblait facile et aisé, gagné d’avance? Très vite les rumeurs s’élèvent et viennent remuer le Monde du cinéma: 28 ans, seul… Jim Morrison, Kurt Cobain, Jimi Hendrix, Janis Joplin… Nombreuses sont les stars du rock disparues à qui on le compare immédiatement. Malédiction, malédiction! La presse a cette capacité à engraisser les idées jusqu’à les faire exploser. Loin de ces rockeurs adulés, Heath Ledger aimait la vie. L’aimait même si, le temps est assassin et emporte avec lui, le rire des enfants…

    Quelques jours plus tard, les experts américains annoncent la mort naturelle de l’acteur par arrêt cardiaque et non, comme la presse l’avait déjà imaginé et fait circuler, par overdose.


  • Le nouveau Gilliam, le dernier Ledger: Hommage

    Sur le plateau de tournage de l’Imaginarium, son absence inquiète, ce n’est pas le genre de l’acteur. C’est la fille de Terry Gilliam qui finira par appeler le réalisateur pour lui annoncer la mort de son acteur et ami, et le presser de rentrer auprès des proches de ce dernier. Le temps s’arrête, tout le monde est médusé. Du plus jeune mécanicien à l’éclairagiste principal, de Plummer aux figurants, personne n’ose un mot : tous le connaissaient, tous l’appréciaient. C’est là une chose qui reviendra souvent dans les mois suivants la mort de Ledger: il était aimé de tous et le rendait bien. Lily Cole, débutante, prend la nouvelle de plein fouet elle-aussi :

    ‘On venait juste de terminer les extérieurs à Londres lorsque j’ai appris la mort de Heath Ledger. Je n’arrivais pas à y croire. Lui qui était la générosité même. Il m’avait tellement aidée ! Il était très intuitif. D’un seul regard, il avait compris mes angoisses de débutante. Il me prenait souvent à part et me faisait répéter mes scènes. Avec lui, on avait envie de faire partie de la famille du cinéma. […] Non seulement pour Heath Ledger, mais aussi pour lui-même [Gilliam], il fallait qu’il aille jusqu’au bout du projet. Une question de survie.’


    Famille, amis, collègues, tous déplorent un homme plein d’énergie et de courage, d’humour et de créativité, un homme qui s’accrochait à la vie. Dans une lettre émouvante et emplit de sincérité, Christopher Nolan [réalisateur de The Dark Night, Inception,…] décrit un être à part, un marginal qui en était non moins magnifique.


    Ledger, un Joker étourdissant

    ’Heath était un génie créatif. Cela transparaissait dans chacun de ses gestes. Il m'a dit un jour qu'il aimait prendre son temps entre deux tournages jusqu'à ce qu'il se sente affamé de nouvelles créations. Jusqu'à ce qu'il en ressente le profond besoin. C'est dans cet état d'esprit qu'il venait sur le plateau de tournage. Il y a peu d'acteurs qui vous rendent honteux de vous plaindre alors que vous faites le plus beau métier du monde. Heath faisait parti de ceux-là (...) Il me manque terriblement’.


    Dans le DVD de L’Imaginarium du Docteur Parnassus, des [superbes] bonus rendent hommage à cet homme; vraiment quelque chose que je conseille de voir. D’ailleurs, quelques jours avant de mettre le film en boîte, Gilliam va demander aux monteurs de changer le générique pour remplacer la mention ‘un film de Terry Gilliam’ par ‘un film de la part d’Heath Ledger et ses amis’. Fou ce que l’on peut faire avec de simples mots…
    A l’occasion de la Cérémonie des Oscars 2009, le prix largement mérité du second rôle masculin dans un long-métrage revient à Heath Ledger de façon posthume, pour sa performance dans The Dark Night. Lors de la prise de parole par la famille de l’acteur venue récupérer à son nom la récompense, Hollywood se tait et se souvient.

    __________
    Ledger - photo professionnelle
    Thanks Heath, Goodbye.





Mon premier conseil est, si stupide soit-il, : regardez-le.
Le dernier film de Terry Gilliam tient ses promesses et fait de nouveau briller le blason de celui que l’on disait maudit et malchanceux. Le scénario vaut le coup, l’Imaginarium étonne et se dévore avec plaisir, les acteurs font une prestation plus que remarquable. Un Gilliam fou comme on l’aime, un Ledger excellent comme toujours, un long-métrage délectable, voilà qui fait du bien.
Quelques maladresses et une fin étrange tout que perturbante viennent déstabiliser légèrement l’ensemble, mais c’est tout pardonné.

Regardez, appréciez, rêvez.




    Citations

    Can you put a price on your dream ?
    Tony [Ledger]

    ‘Nothing is permanent, not even death.’
    Tony [Depp]



Critiques Presse

’Terry Gilliam ne s’en cache pas : L’Imaginarium du docteur Parnassus est un florilège de ce qu’il sait faire de mieux, invoquant les séquences animées des Monty Python, la folie bariolée des Aventures du baron de Münchausen, les errances nocturnes de Fisher King, jusqu’aux contes inquiétants des Frères Grimm. (...) ... Parnassus possède l’énergie d’un gamin capable de jouer toute une après-midi avec deux bouts de carton. C’est une fantasmagorie ludique, débordante d’imagination, aux séquences oniriques sublimes.’
Premiere

’Servi par une troupe de comédiens tous aussi excellents les uns que les autres, 'L'Imaginarium du docteur Parnassus' se révèle être l'un des meilleurs films du cinéaste, aussi touchant qu'enthousiasmant, aussi sombre que lumineux. Ses multiples tours de passe-passe en font un véritable enchantement.’
Evene

’L'Imaginarium du docteur Parnassus se vit comme un tour de manège foisonnant d'inventivités, une œuvre testamentaire et un hommage à la création de l'esprit. Un grand film chétif auquel il manque un soupçon d'émotion.’
Dvdrama


Images

Spoiler:
 


Délicieuse Interview de Terry Gilliam par Albert Dupontel







Fiche de Makiyuko, un stupide cookie essoufflé.



_______________________________________





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MessageSujet: Re: L'Imaginarium du docteur Parnassus   Ven 26 Aoû 2011 - 22:24

Merci de m'avoir fait découvrir cette merveille Maki.
Vraiment.

De plus pour la première fois j'ai enfin pu voir le Diable tel que je l'imaginais. Je parle aussi de Tony, à vrai dire.
Mais le personnage du Diable est une vrai merveille, à la quelle je me suis peut-être trop attachée pour ce qu'il est. Une grande classe, une voix et un esprit mauvais...Ou plutôt joueur.

Attention, la suite spoile tout, et je vous jure qu'il n'y aucun intérêt à voir le film quand on sait ce qui suit °°

Spoiler:
 

_______________________________________


Merci Araweeeen =D


Bouton par Makiyuko.


Dernière édition par Ellen le Mer 7 Sep 2011 - 16:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Imaginarium du docteur Parnassus   Mer 7 Sep 2011 - 0:06

il m'a l'air suberbe! j'ai hate de le trouver pour le visioner! j'adore ce genre d'univer et puis belle flopé d'acteur tout de même! en tout cas Makiyuko ta fiche est superbe vraiment bien détaillé! merci de m'avoir fait connaitre ce film!^^
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MessageSujet: Re: L'Imaginarium du docteur Parnassus   Mer 7 Sep 2011 - 16:06

Terry Gilliam est un très bon réalisateur, et ta fiche donne extrêmement envie. Prochain film que je regarde ? Fort possible !
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Poirouche
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MessageSujet: Re: L'Imaginarium du docteur Parnassus   Dim 15 Jan 2012 - 14:12

    Poster à la suite d'une fiche aussi belle, c'est un challenge ; l'envie de ne pas abimer le sujet avec des mots mal tournés. Bref, je suis en admiration devant la fiche. :)


    L'imaginarium, je l'ai vu il y a longtemps. Pourtant, j'ai encore un grand nombre d'images en tête. Je me souviens avoir été plongée comme rarement dans un film, avoir savouré les images pour leurs couleurs, les prises de vues. Avoir été bercée par le jeu des acteurs, touchée par l'histoire. Envoutée par le film.

    Il y aurait tant de choses à dire pour rendre hommage à une telle merveille, mais les mots me manquent. Je suis une bien piètre critique, pardonnez-moi ! Mais je tenais tout de même à signaler la qualité de ce film, à quel point il est surprenant. J'ai peur de trop en dire, les mots m'échappent. Peur de ne pas en dire assez, mais je n'arrive pas à trouver ce que je pourrai ajouter. Je vais donc me contenter d'une phrase qui résume à elle-seule ce que ce film vaut : Foncez le voir !

    Et puis, comme vous le dites si bien : R.I.P. Ledger.

    Note : 19/20
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